De la parenté homosexuelle ou de l’art de brasser de l’air

Cela fait un bon moment que je souhaite donner mon avis sur plusieurs choses qui me chiffonnent actuellement (en France, entendez, et dans la vie politique, pas dans ma vie personnelle – on s’en branle de ma vie personnelle). Il y a quelques semaines j’ai fait deux illustrations que je souhaitais mettre ici pour accompagner un article polémique, malheureusement je n’en ai guère eu le temps jusqu’à aujourd’hui. Ce dont je souhaite parler aujourd’hui, c’est le mariage et l’adoption homosexuelle.
Et oui, impossible de m’en empêcher.
Et oui, je regretterais de laisser passer une occasion d’en parler.

J’ai eu l’occasion d’entendre, de voir et de discuter de plusieurs choses sur ce sujet. J’ai entendu un tas de trucs absurdes, des deux côtés des forces en opposition. Les « anti » qui clament qu’il ne s’agit pas d’une question d’homophobie mais de respect de l’enfant, et les « pour » qui se vautrent dans un égoïsme débordant.
Alors qu’en réalité il ne s’agit pas d’eux, mais bien de l’enfant dont il s’agit.
Pour moi l’intérêt de cette réforme n’est pas de permettre à un couple homosexuel d’avoir un enfant – parce que les homosexuels ont déjà des enfants et que centrer le débat là-dessus c’est nier l’existence d’une partie de la population – il s’agit de protéger la relation parent-enfant qui existe dans ce schéma familial. Il s’agit de protéger l’enfant, et de protéger le parent.
Mais parlons de l’enfant d’abord, puisque c’est là que le bas en laine gratte.
– Prenons le cas d’un divorce « normal » : sauf cas de force majeur l’enfant va continuer à voir son père et sa mère, car juridiquement aucun des deux n’aura pleins pouvoirs sur lui, aucun des deux ne pourra décider que l’autre ne verra pas son enfant. Malheureusement, ce genre de reconnaissance n’existe pas dans les couples homosexuels, car le couple n’est pas officiellement reconnu : même si il y a pacse, l’enfant du couple ne sera l’enfant que de celui qui est officiellement son père ou sa mère. Un enfant qui a été éduqué par deux hommes et dont les pères se séparent ne bénéficie pas d’un arrangement lui permettant de voir les deux. Si l’humain n’est pas con, l’ex-couple se partagera la garde de l’enfant, mais malheureusement l’humain est con et la garde ne vaudra souvent que d’un côté.
– De même dans le cas d’un décès, si dans le même hypothétique couple homosexuel celui qui est du sang de l’enfant meurt, l’autre n’aura pas sa garde (même dans le cas où il l’aurait élevé). Si c’est l’autre qui meurt, ses biens ne reviendront ni à son amant, ni à l’enfant. Sans testament où ce serait spécifié, tout revient à la famille du mort, et l’enfant aussi. La loi nie ici l’existence et le rôle du deuxième père.
En clair, il s’agit là de protéger ces familles, ces parents, ces enfants qui existent et qui existeront quoiqu’en dise la pseudo-morale et la loi.

adoption-femmes

Il est vrai qu’au-delà de ça je considère qu’un couple homosexuel est aussi habilité que n’importe qui à éduquer des enfants. Quand on voit l’éducation (ou la non-éducation) que donnent certains couples hétérosexuels à leurs enfants, et les situations familiales compliquées de mariage-divorce-remariage auxquelles on assiste aujourd’hui, ou le nombre impressionnant de parents élevant seuls leur enfant, je ne vois pas très bien qui peut s’arroger le droit de venir casser les couilles aux homosexuels comme quoi cela serait compliqué et mauvais pour un enfant d’avoir deux pères ou deux mères.
Histoire de pimenter un peu la sauce, j’irai même jusqu’à dire que les gens qui se permettent de porter ce genre de jugement sont d’un passéisme sans borne et qu’il s’agit d’un comportement machiste plus qu’homophobe : en effet, ce serait dire qu’une femme a des « comportements féminins » et un homme des « comportements masculins » et qu’un enfant doit grandir dans l’équilibre des deux pour être en bonne santé mentale… Certes, mais c’est là accepter d’une part l’idée qu’un comportement est sexué (ça se débat, en mon sens le féminin et le masculin sont des constructions sociales), et c’est surtout cloîtrer l’homme et la femme dans leur rôle respectif.
Je dis non.
Et je clame haut et fort que chaque être humain possède en lui du masculin et du féminin.
Manquerait plus que mon mec se dise qu’il n’a plus besoin de faire la cuisine et le ménage, oh !

adoption-hommes

S’il y a une chose que je comprends en revanche c’est le refus du « mariage » homosexuel religieux. Le mariage est une cérémonie religieuse, à l’origine, et les religions acceptent rarement l’homosexualité chez l’humain (c’est un tort, mais passons…). N’aurait-il pas semblé plus intéressant de donner au pacse un statut équivalent à celui du mariage ? Tant sur l’héritage que sur la parenté ?
[nb : entre temps j’ai eu l’occasion d’apprendre que je me plantais complètement sur cette dernière partie.]

Est-ce qu’on leur a demandé, aux enfants d’homosexuels, ce qu’ils en pensent de tout ça ?

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